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La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre (Albert Einstein)

De Pleneuf-Val-Saint André vers Pordic, 43 km, le 20/08/20

Ce matin nous laissons les enfants dormir un peu plus longtemps. Pascal et moi nous offrons notre café viennoiserie seuls au bar.

Le pliage est plutôt rapide et bien sûr ayant laissé les enfants dormir une heure de plus, nous décollons à la même heure que d’habitude.

L’objectif du jour est Prodic. Il fait très beau, très chaud aussi. Le début de la piste est agréable avec de belles vues sur la mer et dans la campagne bretonne.

Au moment de prendre notre pause déjeuner, alors que nous avons presque fini de manger, nous prenons une averse sur la tête. 10 minutes de pluie puis plus rien. C’est donc ça la météo bretonne. Il faut juste avoir son imperméable rapidement à portée de main.

En prenant des photos, Pascal, qui était un peu dernière nous, manque une bifurcation et sort de la piste. Nous sommes donc séparés et nous nous donnons rendez-vous à Yffiniac.

Alors que j’attends mes enfants à un croisement, il m’arrive un truc de dingue. Une camionnette qui me passe à côté me lance un liquide dessus. Volontairement. Le liquide est orange et sucré. Je vous explique même pas la sensation. Se faire arroser ainsi par pure méchanceté, bêtise même. J’étais simplement à l’arrêt, l’acte est purement agressif. J’en ai plein les cheveux, sur mes sacoches, dans le dos. Solène aussi a été aspergée. Je me sens sale et poisseuse. Très désagréable.

Pascal a fini par nous rattraper. Mais Pierre-Louis est fatigué et veut faire une pause. Nous décidons de scinder le groupe en deux. Je garde les garçons et le chien, Pascal avance avec Solène et les tentes. Ainsi ils les monteront avant notre arrivée. Pause sieste de 15 min pour les garçons. Moi j’en profite pour obtenir de l’eau et tenter de me rincer un peu et d’enlever cette sensation de poisse, cette odeur de Fanta… je ne suis pas prête d’en boire à nouveau.

Nous repartons en longeant la baie de Saint Brieuc. Le paysage est sublime. La mer est à marée basse et la baie nous dévoile son tapis de verdure sur lequel des mouettes se reposent. La vase brille des reflets du soleil, les herbes folles sèches attendent la marée.

La piste est dure aujourd’hui. Beaucoup de montées qui sont en plus en cailloux. C’est très peu roulant. Osiris monte systématiquement dans la carriole quand nous avons une descente. À la montée, elle saute de la carriole pour courir et soulager Pierre-Louis. Aujourd’hui la chienne a bien du courir ou trottiner aux alentours de 30 km. Elle est super résistante.

En plus d’être dure, la piste est extrêmement mal balisée. Nous débouchons trop souvent sur des croisements sans aucune indication. Il faut allumer le GPS pour tenter de trouver la bonne direction. Mais nous tournons en rond. C’est indéniable. Enfin non, nous faisons comme une queue de tir bouchon. C’est insupportable. Nous n’avons pas l’impression d’avancer. Voir même de reculer.

À 17h00, sur un rond point sans aucune indication, j’allume l’application pour trouver la direction. Alors que le précédent panneau indiquait 6km jusqu’à Pordic, le GPS me dit 8,6km. C’est à devenir dingue. Pas le choix, il faut suivre si nous voulons arriver à un moment donné. Mais je n’ai presque plus de batterie. Espérons que cela tienne.

Nous continuons à avancer. À moins de 1 km du camping, Raphaël entend un bruit sur son vélo. Porte bagage cassé ! C’est une grosse tuile pour la suite du voyage. Pour le moment, Osiris saute de sa carriole et nous mettons toutes les sacoches de Raphaël dedans.

Il est 18h quand nous arrivons au camping. Pascal et Solène ont presque monté la grande tente.

Je file à la douche pour me laver de la poisse qui m’est arrivée plus tôt.

Le village est à 2km. Nous sommes fatigués et surtout un peu écœurés de cette piste sans indications qui nous aura fait faire sans doute au moins 5km de plus que prévu. Et beaucoup de montées en supplément. Et en vélo 5km… c’est beaucoup. Surtout lorsque l’on est chargé.

Nous dînerons au camping de bonnes saucisses bretonnes accompagnées de légumes et de frites.

Je vais aller négocier avec Pascal de rester sur place demain pour réparer le vélo de Raphaël mais aussi nous reposer. En plus, la météo annoncée est mauvaise. Nous sommes en plein période de grandes marées. Les coefficients sont au plus forts, il va pleuvoir toute la journée de demain.

Merci de m’avoir lu. Belle nuit à vous.

Anne-Laure

Matignon-Pleneuf Val André. Montée et descentes pour arriver à la plage. 42 km. 17/08/20

Réveil à la fraîche. Une tente cela protège du froid, c’est indéniable.

Nous avons bien dormi mais nous n’avons pas eu chaud.

Ayant dormi dans le garage de M. et Mme Barbu, pas de tente à plier ce matin. Nous prenons notre petit déjeuner tranquillement et espérons partir un peu plus tôt que d’habitude.

Raté … un appel de l’inspecteur pour gérer mon affectation nous retarde. Ce n’est pas très grave. Nous n’avons qu’une quarantaine de km à faire…

Nos charmants hôtes nous disent au revoir. C’était tellement chouette d’être ainsi accueilli simplement, sans chichi et avec plein de gentillesse. Encore merci à eux.

Il fait beau, voir chaud. Mais le ciel est tout noir. Nous allons prendre la pluie, c’est sûr. Néanmoins pour le moment nous pédalons en plein soleil. Je vais prendre des coups de soleil.

Osiris accepte de mieux en mieux de rester dans la cariole lorsqu’il le faut, c’est à dire en descente ou lorsque nous sommes sur la route, ou quand elle a trop couru.

Les paysages sont toujours aussi beaux. Nous traversons de charmants petits villages, des champs de multiples cultures. Ça sent la ferme et en même temps la mer. Car elle n’est pas loin. C’est indéniable.

Sur notre chemin, la gare de Pleboulle au bout de la anse. Très drôle car il n’y a plus de rail. Le bâtiment est entretenu et sert à d’autres usages dorénavant, mais il est drôle qu’il ait gardé sa plaque d’identification originelle.

En fait notre piste nous permet de passer d’une crique à une autre. Nous sommes parfois dans les terres, parfois le long de la côte.

Nous logeons la côte pour nous rendre au Cap Frehet Il y a des zones de conchyliculture. L’odeur est présente, enivrante.

Nous débouchons sur le sentier qui mène au cap de Frehet. Le paysage est tout simplement sublime. De chaque côté du chemin que nous suivons la lande explose de couleurs. Rose, pourpre, vert, un peu de jaune et même du bleu. C’est beau, c’est beau !

Cela donne envie de se coucher sur ce tapis de végétation qui semble si doux. Les couleurs sont éblouissantes. Je ne trouve pas assez de mots pour vous expliquer mes sensations. Je pense douceur, bonheur, chaleur, mais aussi histoire car j’imagine les naufrageurs du 18 siècles, les réfractaires qui fuyaient la révolution et qui venaient au bout du monde pour tenter de perpétuer leurs traditions. Ces paysages évoquent la résistance aux climats, la tradition de la fraternité et du travail. Qui pourrait rester insensible à ces paysages majestueux. Pas moi.

Le cap Frehet et son phare imposent eu aussi le respect. Cette lumière au bout de la terre qui protégeait les bateaux des dangers de la côte est toujours en activité. Je viens de les évoquer mais connaissez vous l’histoire des naufrageurs ? Les habitants des villages de cette côte allumaient des lumières pour tromper les bateaux les nuits de tempêtes. Les navires allaient alors se fracasser dans les criques qui m’entourent. Le naufrageurs récupèreraient les bisous et les biens sur les cadavres échoués. C’était pour eux souvent la seule source de substance dans les périodes de disettes… mais ils étaient alors damnés par les prévôts et curés du village. Ils risquaient même la pendaison par le châtelain.

Après le cap, il faut manger. Un monsieur nous indique un restaurant qui devrait encore nous accepter… il est presque 14h. Ce sera Fish and Chips pour 4 d’entre nous et moules frites pour Raphaël qui fait sa cure du petit mollusque. Le poisson est d’une fraîcheur absolu et les frites maison. C’est un pur délice.

Une fois nos estomacs plein, mauvaise surprise, la pluie qui est de retour. Il faut remettre les K-Way. Sauf que cette fois ci, nous pouvons enfin dire que nous découvrons la météo bretonne. En effet, après à peine 10 minutes d’une petite pluie… grand soleil, grosse chaleur. C’est quand même quelque chose de très particulier.

Nous continuons à avancer vers notre destination. La piste nous fait faire mille et un détours pour éviter la circulation qui est très dense. C’est à la fois très sécurisant mais très troublant, j’ai l’impression de tourner en rond.

Nous passons donc au milieu de zones résidentielles. Les habitations et la végétation me font penser à celles des bords de l’Atlantique. Il y a à la fois des pins maritimes et de la lande. Un beau mélange indubitablement.

Au fur à mesure de notre journée, quand nous changeons de crique ou de petite baie, j’observe la marée qui monte. Il est 17h et elle est presque à marée haute.

Lorsque nous arrivons à notre camping, il est 17h45. Le campement est monté en un temps record : 45 min. Il faut dire que l’objectif est d’aller se baigner à la plage… et aussi de profiter de l’absence de pluie actuelle pour monter la tente au sec.

À 18h30, nous sommes sur la grande plage. La mer est maintenant haute. Nous nous jetons dans la Manche. Elle est fraîche. Très fraîche. Mais cela détend les muscles des jambes, nous délasse. Les enfants jouent et ne boudent pas leur plaisir.

Ce soir c’est galettes et crêpes. Nous sommes en Bretagne depuis 3 jours et je n’en ai toujours pas mangé. Ce soir je n’ai plus envie de repousser encore ce moment de gastronomie bretonne.

Celles que nous dégustons sont un régal. Et ma sucrée répond entièrement à mes attentes : pommes confites, caramel beurre salé, le tout flambé au Calvados ! Un régal.

À la sortie de ce festin, nous avons la chance de pouvoir admirer un magnifique coucher de soleil. Le rayon rose du soleil teinte le sable et les dernières vagues venant lécher les pieds des quelques promeneurs qui profitent de la marée maintenant basse. Teinte de rose, de bleu, de gris du sable qui se mélangent comme dans un Sisley. J’en prends plein les yeux.

Ce fut encore un belle journée de vélo avec pas mal de grimpettes le long des belles plages de la cote d’émeraude.

J’espère que votre journée fut aussi satisfaisante que la mienne.

Passez une belle nuit. Merci pour votre lecture.

Anne-Laure

De Saint Malo à Matignon. Le 15/08/20. 40km.

Nous avons eu droit à un orage mémorable dans la nuit. Il a tonné et plu si fort qu’Osiris, morte de trouille à obtenu de rentrer dans notre tente. La pauvre chienne n’en menait pas large. Elle a fini sa nuit sur nos pieds. Heureusement que nous avons une 3 places.


Réveil à 8h30. C’est lorsque les réveils commencent à être plus tardif que je note la fatigue générale.
Premier pliage sans Amandine. Raphaël et Solène sont très efficaces. Pierre-Louis a du mal. Il accuse la fatigue musculaire d’avoir tiré Osiris toute la journée de la veille.


Au vu de tout ceci, j’ai réussi à faire entendre à Pascal que nous ne pourrons pas aller au bout de l’itinéraire initialement prévu.
Je propose à Pascal de nous rendre jusqu’à Paimpol. Il pourra continuer à pédaler seul pendant que les enfants se reposeront avant la rentrée.
En attendant il faut démarrer la journée de vélo. Nous arrivons à décoller à 12h00. Il a fallu faire des réparations sur le vélo de Solène.
Nous allons prendre le taxi bateau pour passer de Saint Malo à Dinar par la mer au lieu de faire de grand tour de la anse. Pour information, le Taxi Boat est moins cher que la navette. Pas de supplément vélo ni pour le chien ! C’est tout bénéfice pour nous.


À nous 5, nous remplissons le petit bateau avec nos vélos et nos sacoches. L’impression d’être les rois du pétrole quand nous voyons au loin la navette pleine à craquer.
Une fois à Dinard, nous logeons le rivage pour sortir de la ville. La mer est toujours aussi belle, d’un bleu vert incroyable.
Une fois sortis de la ville pause picnic. Le ciel est menaçant alors que nous sommes pour le moment en plein soleil. Il tape du fort sur nous sommes obligés de déplacés notre plaid pour nous mettre à l’abri. Pourtant au loin des gros nuages noirs s’amoncellent et menacen’y. Pascal fait tomber la nouvelle, orage prévu dans 30 min.
Je me souviens de notre deuxième voyage à vélo. Nous étions alors sur La Loire à Vélo. Ce jour là, nous avions réussi à filer plus vite que la pluie et à arriver au camping avant qu’elle ne nous tombe dessus.
Aujourdhui, les applications nous président avec justesse pluie ou soleil à quelques minutes près. C’est moins drôle mais bien pratique.

Aujourd’hui aucun espoir ne nous était permis. Nous prenons effectivement un premier gros orage en entrant dans le village de Beaussais-sur-mer. Vive les K-Way et poncho divers. Nous continuons sous la pluie.
Nous sommes en Bretagne. L’orage tombe fort, mais il ne dure pas. Rapidement il devient une petite pluie fine. Je préfère enlever mon poncho, cette fraîcheur est bien agréable.
La piste est étrange aujourd’hui. J’ai l’impression de tourner en rond. Vraiment.
C’est à la fois vrai car nous faisons beaucoup de détours pour éviter les routes très fréquentées et bien sûr faut puisque le kilométrage restent pour arriver à notre destination descend. Mais c’est ma sensation du jour.
A 16h30, alors que nous sommes proche du Château Guldo, un deuxième otage nous tombe dessus. Celui là est gros, fort, glaçant.
Nous sommes obligés de nous arrêter. Alors que nous envisageons de nous offrir un chocolat chaud dans le bar situé sur notre chemin, nous sommes refoulés à cause de la présence de la chienne. Moi je veux bien entendre que le commerce va mal, que la crise fait des ravages. Mais quand je ne vois que 7 clients et que le patron en refuse 5 d’un coup je m’interroge. Et je n’ai pas fini de m’interroger aujourd’hui….

Alors que nous sommes sous l’eau depuis plus d’une heure, nous appelons un premier camping. « Désolé Madame mais je ne prends pas les clients qui le restent que pour une nuit ». Donc en fait vous préférez vous passer d’1 nuit alors que vous n’êtes pas complet ….. J’avoue mon côté commerçant ne comprends pas.
Nous arrivons à Matignon, le village… pas le palais- à 18h00. Nous sommes congelés et trempés.
En passant devant la maison paroissiale j’ai un espoir d’être accueillie, de nous mettre au chaud. Malheureusement personne et aucun numéro pour appeler en urgence.
Nous repartons.
En chemin, Raphaël signale le panneau gîte devant une maison. La dame est devant sa porte et me voit venir vers elle. C’est Mme Bardu et son époux. Ses gites sont malheureusement pleins. Au vu de son sourire, j’ose… « Auriez vous un garage pour nous accuuelllir, pour nous mettre au sec ? » La réponse est…. oui. Annick et son époux sont adorable. Ils sortent une voiture du garage pour nous permettent d’y dormir.

J’ai même pu faire chauffer mon riz dans sa cuisine. Et à presque 22h30 je vais pouvoir publier et dormir. Mille mercis à eux.
Si cette journée fut mouillée, elle fut aussi ponctuée de paysage toujours aussi beaux, d’allées d’arbres majestueux, de ciel orageux menaçants mais si beaux. La Bretagne métrite sa réputation climatique mais aussi paysagère.
Belle nuit à vous.
Amicalement.
Anne-Laure

Saint-Benoit les Ondes -Saint Malo. Au revoir Amandine et bonjour la Manche. 40km. Le 14/08/20

Bonjour à tous.
Si vous devez aller faire du camping à Saint Benoit les ondes…Allez au « camping de l’île verte ». L’accueil y est souriant, le service impeccable et les clients respirent le bonheur d’être en ce lieu… et tout ceci pour un prix plus que raisonnable.

Cette journée de vélo est la dernière que nous passons avec Amandine. Elle prendra le train à Saint Malo pour rentrer sur Lyon. Raphaël est triste de voir la famille s’éclater ainsi. C’est là que son statut de dernier se fait clairement sentir. Il l’a déjà intégré sur l’année scolaire lorsque sa grande sœur est partie faire ses études à Paris… voir les vacances en famille s’amoindrir lui est difficile. C’était sa dernière tranche de vie de famille au complet. Sa parenthèse. Pourtant les tensions entre les enfants sont palpables. Surtout entre les garçons. Néanmoins, ils savent tous que ces moments sont précieux car amenés à être de plus en plus rares. Qu’il faut donc en profiter.

Ce qui est surprenant c’est de voir que seul Raphaël énonce cet éclatement. Comme s’il en avait une plus grande conscience, sans doute car il verra les autres partir avant de partir lui même. En attendant parlons d’aujourd’hui.

Amandine prendra un train à Saint Malo, dormira à Nantes chez des cousins d’amis avant de rejoindre Lyon demain soir. Il faut donc tenir compte de cette contrainte.
Nous arrivons à décoller à 11h05. Décidément, il nous faut 3h incompressibles pour lever le camp. C’est ainsi.

Admirez la belle allée à la sortie du camping.


Le temps est magnifique. Il fait même chaud. Les paysages sublimes.


Notre premier objectif et Cancale. Pascal veut manger des huîtres. Moi voir le port. Les huîtres et moi sommes fâchées depuis un buffet au sein duquel elles ne devaient pas être très fraîches. Intoxication alimentaire qui m’a rendu intolérante. J’ai retenté par deux fois et cela ne s’est vraiment pas bien passé. À Noël, j’ai réussi à manger juste le dessus sans être malade. Car les petites merveilles me font toujours autant envie. C’est tellement bon. Ce goût de noisette et de mer mélangé ; cette texture à la fois crémeuse et charnue, tout ceci n’est que délice. L’huître est une merveille de la nature. Il est sûr que le premier homme à avoir eu l’idée d’en manger devait soit être très curieux soit très affamé… soit les deux. Mais comme il a bien fait de nous ouvrir ce trésor de douceur et de saveurs. Donc j’en ai toujours envie mais l’angoisse d’être malade me retient. Surtout à vélo. Il m’est difficile de prévoir ce que seront les sanitaires du camping, le risque peut être grand… J’ai vu tellement de bien comme de l’affreux.

La piste pour aller à Cancale commence par suivre la baie en sortant de Saint Benoit les Ondes. Nous longeons les fermés d’ostréiculture et de conchyliculture. L’odeur est forte mais plaisante.

Sur la route il est même possible d’acheter des huîtres déjà ouvertes. Dans des distributeurs en libre service. C’est tellement drôle. Unique.

Très rapidement, il nous faut nous écarter du bord. La route devient bien trop fréquentée, il n’y a pas de bas côté pour nos montures. La piste propose un itinéraire provisoire qui nous envoie sur les coteaux. À nouveau des montées pour nos mollets. C’est difficile mais c’est plus raisonnable. Et cela réserve de belles surprises.

Monter cela veut dire prendre de la hauteur. Cela veut dire voir les choses du point de vue dominant. Et cela vaut souvent d’avoir dû mouliner, voir pousser sa monture à pied. Le paysage sur la baie est splendide. Le Mont Saint Michel se devine au fond de la baie. Le soleil fait briller le sable découvert par la marée basse, il fait chanter les milles couleurs de l’eau. Sur le chemin, nous voyons un engin qui permet de vraiment prendre de la hauteur. Un ULM.

Pour les 45 ans de Sébastien, nous avions fait un tour un planeur grâce à Virginie. J’avoue avoir eu très peur une fois en l’air. J’étais partagée avec une envie folle de voir, de regarder le paysage au loin, d’admirer la terre de si haut…. et une peur telle que j’ai trop rapidement demandé au pilote de nous t’amène sur le planchers des vaches. Et malgré la peur, cela me fait envie. Le rêve d’Icare est si fort, si beau. Un ULM a un moteur. Je me dis que peut être j’aurai moins peur, rassurée par l’existence d’un moteur. N’est-ce pas un autre paradoxe, moi qui n’aime me déplacer qu’à la force de mes jambes ? Décidément, nous humains sommes bien compliqués….

Revenons à la piste. Sur les coteaux il y a aussi les cultures.Du maïs bien sûr/et sans doute malheureusement car cette culture est la plus gourmande en eau- mais aussi blé. J’observe aussi des champs de culture plus locales. Des poireaux en quantités, des carottes et bien sûr du choux-fleurs. Certains champs ont leurs pieds déjà bien montés alors que d’autres viennent à peine d’être plantés. Cette différence d’avancement dans la culture permet d’observer la gestion des cultures des paysans pour permettre une récolte étalée dans le temps. La sagesse paysanne a de bonne raison d’être.
J’admire aussi les maisons. Je trouve qu’elles ressemblent beaucoup à celles de mon enfance en Auvergne. Même type de pierres, de formes de maisons. C’est surprenant et en même temps très cohérents. Ici aussi il y a des pierres volcaniques. Ici aussi il faut lutter contre le climat. Du moins à l’époque de la construction des anciennes maisons. Le vent souffle, il doit glacer les maisons. Et l’air marin amène son humidité. Les maisons sont donc très semblables car faites pour résister aux température extérieurs et offrir aux hommes un abri sur.

Nous bifurquons à nouveau vers la baie pour rejoindre le port de Cancale. La descente est enivrante, mais terrifiante lorsque l’on sait qu’il faudra la prendre dans l’autre sens après la pause déjeuner. Mes cuisses en tremblent d’avance. Le port est très fréquenté. Trop à mon goût. Et les gens viennent jusqu’en bas de cette anse en voiture pour se retrouver coincé en bas. J’avoue je suis frustrée de ne pouvoir admirer la baie sans avoir une voiture dans le cadre de ma photo. Ce n’est pas que je devienne intolérante aux voitures, c’est juste que je ne comprends plus ce mode de déplacement polluant, bruyant et dépassé pour moi. Bien sûr la voiture est utile. Pour le travail, pour faire certaines courses, pour se rendre d’un point À à un point éloignés l’un de l’autre…. Mais après, utilisons nos pieds, nos muscles, des déplacements doux. J’ai tellement peur que le petit bonhomme incapable de se sortir de son siège mobile – pour ne pas dire de son fauteuil roulant d’handicapé- que l’on voit dans le film Wall-e ne soit l’avenir de tant d’enfants. Je suis traumatisée par le nombres de personnes en situation de surpoids, hier au camping c’était édifiant. Et il est hors de question de rendre les gens coupables. Il y a un problème de fond : la nourriture mais aussi la sédentarisation. Ce que je voyais aux USA en 1990, je le vois maintenant dans les rues de France et d’Europe. Il est temps de réagir. La planète est en danger mais l’humain aussi. Mais je m’égare nouveau.

Revenons à Cancale. Le folklore est total. Les gens achètent des plateaux d’huîtres ouverts et vont les manger sur les berges du port. Les bancs des ostréiculteurs sont en bas sur le sable, la baie majestueuse devant nous, toute la cote est visible et tout au fond le Mont Saint Michel. Sentiment d’immensité et en même temps de n’être pas grand chose. Les petits et grands voiliers passent devant nous, entre les îles et la cote. Le soleil luit et se reflète dans l’eau. Depuis hier j’ai l’impression de voyager dans les tableaux de Signac, dEugène Boudin, de Monet. L’impressionnisme a su capter cette vue chatoyante et plein de lumière. Chaque point de vue, chaque regard est un émerveillement si l’on prend le temps de le saisir.
Il faut repartir et remonter la cote. Les passants nous encouragent, nous félicitent, sont ébahis un monsieur à même la gentillesse de me pousser pendant quelques mètres. Il faut dire qu’elle est sévère cette cote !!!

Une fois en haut, nous réalisons que toute la famille n’a pas pris le même chemin. Nous avons Amandine et Raphaël avec nous. Solène, Pierre-Louis et Osiris ont suivi la route de la cote. Une départementale. Pascal n’est pas très content. Rendez vous à Saint Malo. Nous suivrons la piste balisée. Enfin, balisée est un grand mot car les panneaux sont soit cache, soit minuscules, soit tout simplement absents. Une dame allemande me disait hier au camping que vraiment en France le vélo n’est pas aussi bien organisée qu’en Allemagne. Je n’ai pu qu’acquiescer à mon plus grand regret.
Nous avons dépassé la pointe et voyons maintenant la Manche. Finie la Baie du Mont Saint Michel. La mer a changé de couleur. Cette partie de la côte bretonne s’appelle à juste titre la cote d’émeraude. Elle mérite bien cette appellation. Les eaux ont mille reflet de vert. Les eaux des îles corses, voir plus loin du Pacifique n’ont pas grand chose à raconter aux eaux que nous pouvons admirer. Seule la thempérature n’est pas là même. Ça c’est certain. Et le vent aussi. Toujours le vent. Et de face pour nous. Il reste le pire ennemie du cycliste. Nous entrons dans Saint Malo par son immense plage. Cela ne donne qu’une envie se baigner. Nous retrouvons Solène et Pierre-Louis qui ont les maillots sur leurs vélos. Baignade pour 4 d’entre nous. La mer est fraîche mais pas désagréable. Sortir de l’eau est plus dur à cause de l’air frais et d’un vent qui refroidi tout le corps. C’est le moment de quitter Amandine. Elle part seule vers la gare. Nous partons de notre côté vers le camping. En passant devant la ville fortifiée nous hésitons à passer au travers. La foule nous rebute et nous sommes fatigués. Quelques photos suffiront. L’anse sur laquelle est notre camping est magique. Un bar est installé avec une vue de dingue. Le coucher de soleil est à pleurer tellement il est beau. J’espère avoir la force de me lever pour aller observer son lever demain matin.

Merci pour votre lecture.

Je vous souhaite une nuit belle et douce.

Avec amitié

Anne-Laure

Le Mont Saint Michel – St Benoit-les-Ondes. Le 14/08/20. 45 km

Bonjour à tous. Je sais que les articles sont parus sans photos. Je suis navrée mais je n’arrive pas à faire mieux pour le moment. Gros problème de réseaux.
J’ai le choix entre ne pas faire d’article ou en faire sans photo. Vous connaissez celui que j’ai fait.
La journée d’hier a laissé des traces.
Après les 73 km, Amandine avait mal à son genoux gauche. Un patch Flector et au matin les choses allaient beaucoup mieux. En ce qui me concerne, tous ces km ne m’ont pas gêné. Aucune douleur.
Par contre ce matin au réveil, clairement, je sens mes cuisses. Pas de douleur réelle aux genoux mais un rappel de l’existence des muscles des cuisses qui sont, je vous le rappelle, les plus gros muscles de notre corps.
Et bien figurez vous que ce n’est pas désagréable. Et puis une fois sur le vélo, j’oublie.
Au réveil, nous confirmons qu’Osiris est fatiguée. Ses pâtes ne vont pas trop mal, mais les chaussons ont appuyé son ergo sur sa patte et ce n’est pas très joli. Pour elle, pas de course aujourd’hui, cariole obligatoire. Il va falloir la contenir dedans. Un vrai défi.
Une fois le campement rangé, le petit déjeuner pris, nous décollons à 10h50 !

YES 10 min de mieux que la veille, il faut savoir se contenter de peu 😬- direction le Mont Saint Michel.

La vue est saisissante.

Le temps étant très brumeux avec un léger crachin qui fait bien râler les enfants, le Mont semble se cacher de nos yeux. C’est grandiose.
Il y a depuis quelques années une route qui permet d’arriver au pied du Mont et qui est emprunté par des navettes. Ces bus sont très originaux car ils sont dotés d’une cabine de conduite des deux côtés du bus.

Normal, il ne leur est pas possible de faire demi tour une fois au pied du Mont. Donc en fait le bus circule en étant toujours dans le même sens. Seul le conducteur passe d’un côté à l’autre. Il fallait y penser.
Nous laissons nos montures avec toutes les sacoches au pied de l’ange sans pouvoir ni les attacher, ni espérer une autre surveillance que celle de celui qui nous observe du haut de sa flèche.

Nous qui passons nos vacances dans une forme de solitude en étant chacun sur nos vélos, à circuler dans la nature, moi qui ai du mal avec la foule compacte- sauf aux concerts de rock j’avoue- ici c’est l’horreur. Le Mont est plein de touristes. On se marche les uns sur les autres. Tous avec un masque, mais aucune distanciation possible. Le petit virus doit se régaler.
Nous le supportons guerre cette ambiance surpeuplée et choisissons de vite redescendre pour aller pédaler dans la nature.
Il pleut un peu. Un grosse bruine. Qui mouille un peu et surtout qui nous refroidi. Surtout Amandine. Il est presque 14h, tout ceci met Solène et Pierre-Louis de mauvais poil.
Dans ces cas là, il faut nourrir les bêtes pour les calmer. Ce sera friterie avec Panini pour réchauffer les corps et les esprits.
Quand nous remontons sur les vélos, la météo est plus clémente.
Il faut ficeler Osiris dans sa cariole pour qu’elle y reste allongée pour se reposer.
C’est Pierre-Louis qui l’a tracte depuis hier midi. Il a en fait largement assez de force pour porter non seulement la tente car nous avons allégé Amandine depuis hier à cause de son genou, mais aussi le chien. Inutile que je m’épuise. Solène prend très à cœur de surveiller sa chienne. Ces deux là, pardon ces 3 là si on compte la chienne feront le voyage de la journée ensemble tout du long.

Cette piste est prodigieuse. Nous sommes sous une belle allée d’arbre. Le Mont Saint Michel est derrière nous. Nous nous éloignons tout en prenant la mesure de la baie que nous logeons. Nous voyons les cultures de maïs mais aussi de poireaux et au loin les champs de près salés puis la zone de vase qui sera sous l’eau une fois la marée haute. Les couleurs sont dans le gris, le blanc, l’épure. C’est Subjuguant.

Les maisons me font penser à celles d’Auvergne par la taille de la pierre. Elles sont par contre plus basse. Rarement plus d’un étage. Volets aux couleurs chatoyantes et parfois des toits de chaumes.
Vers 16h, nous arrivons à la Chapelle Sainte Anne. La vue sur la baie est époustouflante.
Nous pouvons encore apercevoir le Mont Saint Michel bien sûr, mais la cote de Saint Malo se devine, les îles de aussi.
Et le soleil a maintenant presque réussi à percer les nuages.
Voilà que les couleurs changent. Un peu de bleu dans la mer, du vert sur la mer. Les paysages sont grandioses. Je ne m’en lasse pas.

Nous devons pédaler face au vent. Car ici du vent il y en a !
D’ailleurs si nous le subissons, d’autres s’en sont servi autrefois – les vieux moulin à vent en témoigne qu’il leur reste leurs ailes ou pas- aujourd’hui c’est une source d’amusement, de plaisir ou de sport. Il y a énormément de char à Voile. Le village de Berceaux est d’ailleurs la capitale mondiale de ce sport et en organise les championnats du monde. Il faut dire que le lieu se prête parfaitement à cette pratique.

Je trouve aussi de drôle de panneaux 🤣


En quittant le village, nous tombons sur une maison qui nous fait clairement penser à celles des Hobbits. Elle est de toute beauté, sa porte, le porche, les formes, quelle belle œuvre.

Nous continuons à longer la baie.
C’est maintenant le monde des conchyliculteurs. Pascal pourra donc se régaler d’huîtres ce soir.

Moi je continue à m’extasier sur les couleurs de la baie. Je suis époustouflée. J’étais déjà venue ici…. mais en voiture.
Encore une fois, mon vélo m’offre de voir le paysage plus intensément, plus profondément.

Les Moulins profitent du vent ….

Ou se font couper les ailes.

Moi qui vais toujours vite dans l’année, moi qui suis plutôt speed comme personne, affairée a mille et unes choses à la fois, en vélo… je prends mon temps.
J’ai appris à respecter mon corps, mes muscles, mes articulations pour aller à la bonne vitesse. Celle qui n’est pas une souffrance et qui me permet de porter pleinement de mon vélo, de mon corps que je sens travailler sans aucune souffrance, du silence qui m’entoure et de la beauté des paysages que je traverse. Oui le vélo mérite bien son surnom de « Petite Reine». Pour moi ma bicyclette, mon Blacky est bien plus.

A 17h30 les enfants nous annoncent qu’ils sont arrivés au camping et commencent à monter la tente. C’est presque un miracle.
Non seulement pour l’heure d’arrivée, mais aussi car quand nous les rejoignons, la tente est montée, le campement est presque en place.


Tout le monde va pouvoir se baigner dans la piscine ce soir.
Il y a des planchas à disposition. Ce soir, saucisse grillées. C’est la fête. Et bien sûr des huîtres pour Pascal, des galettes en dessert Quelle belle journée de vélo.
Je vous mettrai des photos bientôt, promis.
Au moins l’article…. merci de votre lecture.
Amicalement.
Anne-Laure

Soleil, pluie et beaucoup de km. Carentan- Pont Farcy. 72km

Après notre belle journée à Utah Beach, nous avons eu une nuit bien agréable à la fraîche. Cela fait vraiment du bien. 
Le réveil à 7h n’est pas trop douloureux. Plutôt cool. Au vu du programme de la journée, il y a croissants et pains au chocolat au petit déjeuner. Nous décollons du camping à 10h. Le premier pliage, c’est comme le premier montage… long. 

Départ sous un beau soleil pour une grande journée de vélo.

Nous avons 72km à faire. Ce n’est pas vraiment un choix, il n’y a pas de camping entre les deux.
Nous savons que la piste est facile, pas trop de côtes, et que nous sommes capable de le faire. La seule inconnue, c’est Osiris. Nous nous sommes fixés comme limite 25km maximum pour elle. Le reste dans la cariole qui est attachée à mon vélo.
Car le problème est qu’Osiris veut absolument être devant. Toujours. Donc si un cycliste démarre, elle fonce pour le suivre. Et ça n’est pas possible pour elle. Elle n’est que dans le plaisir et avancer avec nous. Donc carriole forcée. Osiris accepte sans problème de monter dedans. Par contre, elle refuse de s’assoir. En étant debout, elle fait beaucoup bouger la cariole. Il faut donc beaucoup de force dans les bras pour tenir le vélo. Et accessoirement… la bête pèse son poids : 20kg.

Bref, quand elle court,nous sommes en moyenne à 16km/h. Quand elle est dans la cariole et que j’ai réussi à lancer le vélo, je monte à 28 km/h. Les descentes sont en pointe jusqu’à 40 km/h. Le calcul est là, entre les arrêts pour la faire monter, descendre, la pause déjeuner et autre forme de ralentissement… nous avançons à environ 10km/h Max. Pas très rapide. L’objectif est d’être au camping à 18h.


Le paysage est magnifique. J’adore toujours autant suivre l’eau. Au début, c’est un canal. Nous sommes dans les marais du Cotentin.

C’est à peu près à cet endroit que Pascal nous arrête tous. Après avoir oublié la veille sa veste dans les sanitaires… heureusement ramenée à l’accueil… il réalise qu’il a perdu ses lunettes de vue. Il faut ouvrir toutes les sacoches où elles peuvent potentiellement être. Malheureusement… rien.
Pascal a appelé le camping. Petit Poucet a de la chance, elles ont été trouvées. Mais Petit Poucet va devoir faire demi tour. Ce sera 5km pour y aller et idem au retour. En vélo, tout se paie 🥺.

Nous avançons sans lui, il nous rattrapera en prenant la route. Rendez vous à Saint Jean Daye.
La pause déjeuner y compris est sympa. Nous aimons ces moments simples.

Nous re décollons à 13h. Il reste 50km à faire. On est dans les temps. Nous suivons encore l’eau, mais celle là est libre. Nous suivons La Vire.

Nous ne lâcherons plus la rivière jusqu’à notre arrivée.

La piste est facile, mais poussiéreuse. Osiris est dans la cariole depuis la pause déjeuner. Il faut la préserver. Moi je galère un peu mais ça va. Pause goûter.

Nous apprenons que demain, ça va monter dur. …. On verra bien. De toute façons, quand on est à vélo, on subit la topographie. Mais on la sublime aussi, on l’admire depuis nos montures, on savoure les descentes. On s’en met plein les yeux du paysage. Et puis une cote =une descente. Alors l’un dans l’autre, ce n’est pas trop grave.
Être en vélo : c’est voir de l’insolite, c’est être au plus près de la vraie vie. Parfois, on croise de drôle de personnages.

La France est belle. De simplicité de ses campagnes. Ses villages petits et envoûtants me surprennent toujours.

Les ponts sont toujours fascinants. Souvent signe d’angoisse pour moi même si je me soigne et que mon vertige va mieux. Ici en Normandie, peu sont anciens. La guerre a laissée des traces qu’il faut deviner.

Les églises parcourent le chemin. Il est impossible d’oublier que notre pays est historiquement de culture chrétienne.

À 17h, Pascal annonce que l’orage veut être de la partie. il nous reste un peu plus de 18km. Nous subissons un vent de face qui nous ralenti depuis 15h. L’annonce de l’orage n’est donc pas une surprise. On le sentait bien arriver. La question est donc de savoir si nous réussirons à atteindre le camping avant la pluie. La réponse est NON ! À 3 km de l’arrivée, l’orage nous tombe dessus. Trempés en moins de 2 min. Ce n’est pas un problème pour avancer, sauf pour les baskettes qui seront encore trempées demain. Rien que d’y penser, j’en suis dégoûtée. Pédaler avec les pieds humides. Dur dur.
Heureusement, lorsque Pascal m’a annoncé la pluie, j’ai téléphoné au camping et j’ai pu réserver un mobil-home. Il n’est que pour 4 mais au moins les enfants dormiront au sec.En fait, quand Pascal arrive environ 15 min avant moi, il n’a aucun souci pour faire que nous puisssions tous y dormir. On s’arrangera bien. Du coup pas de tente à monter. C’est agréable quand il pleut. Tout mettre à l’abri, prendre une douche chaude puis aller acheter à manger. Ce sera saucisse-purée avec même du gruyère dedans ! Pendant que le repas est préparée,je fais la lessive et le sèche linge. Ce fut un donc une grosse journée et celle de demain s’annonce également sportive. Mais ce sera l’objet d’un autre article. Je ne sais pas quand vous aurez celui-ci. Ni si les photos passeront. À Pont Farcy, il y a de la pluie, un petit camping municipal tout à fait sympathique et peu cher… mais absolument pas de réseau. 😂. Merci de votre lecture. Anne-Laure

Pont-Farcy- Vire- Le Mont Saint Michel. Le 13/08/20. 40km

L’article d’hier n’arrive pas à se télécharger. Vous allez donc en être privé. Je ne comprends pas pourquoi. Hier aucun réseau, ok mais aujourd’hui à chaque fois que j’ai pu j’ai tenté. J’ai même retiré toutes les photos.
Je tente aujourd’hui depuis internet pour l’article du jour. Sans les photos. Elles viendront plus tard. On verra bien.
Laissez moi vous expliquer le topo prévu.

Nous n’avons que peu de KM à faire … sur le papier. Car ces kilomètres sont durs. Énormément de dénivelés. Parfois 100m en peu de distance. Les côtes sont raides. Et nos vélos lourds.
Quand certains d’entre vous regardent le Tour de France, vous êtes déjà épatés par ceux qui gagnent les étapes de montagnes. Il y a même un maillot spécial pour vélo qui est considéré comme les meilleurs grimpeurs. Le maillot à poids me semble-t-il.
Mais il faut savoir que leurs vélos sont légers. Très légers. Alors que les nôtres frôlent le 15kg à vide, plus tout le chargement. Celui de Pascal doit avoisiner les 80kg une fois chargé, le mien 70kg. Bref, toute côte est un enfer.
Et aujourd’hui nous allons en avoir des sacrées. Des dénivelés de 100 mètres.

Après la journée d’hier, d’entrée de jeu une côte à 16%. Dur dur. Et ce sera comme ça toute la journée.

Pas le choix, je descends du vélo et je pousse. Pascal n’arrive pas à pousser le sien, il préfère mouliner et s’arrêter souvent.
Les enfants ne râlent pas trop. Sauf Raphaël qui fatigue. Osiris est à nos côtés. Elle monte dans la cariole uniquement pour les descentes. Notre moyenne est effroyable. 5km/h.
Nous profitons d’un espace avec des tables pour faire la pause picnic relativement tôt par rapport à nos habitudes. Il est 12h30.

Après le départ de la troupe.

Nous sommes partis depuis 1h30 et nous avons fait 13km. Il reste 20 km à faire. Nous avons un train à attraper à 16h26. Il ne va pas falloir traîner.
Après une énorme côte absolument affreuse, nous réalisons que nous sommes sortis de la piste. Il faut alors faire appel au GPS. Heureusement que la technologie est là pour nous aider.
Le GPS annonce 13 km. Sur la route. Osiris passe en cariole et nous enfourchons nos montures.

Les maisons sont belles sur le chemin.

Nous sommes à temps po attraper le train. Normal il était pour moi… regardez sa couleur.

À la sortir de la gare, une belle maison nous fait encore signe.

J’aime beaucoup de pigeonnier.

Sur la piste j’aime admirer les maisons, les a paysages et les arbres majestueux. Il me semble qu’il nous observent. Petits hommes affairés à bouger dans tous les end alors qu’eux sont là, immobile, plein de sagesse et d’histoire.

Nous arrivons à 18h40 au camping. Les enfants ont juste le temps d’aller se baigner un peu.
Nous sommes sur un espace commun aux cyclistes où nous trouvons une autre famille de cyclorandonneurs. La vie est trop drôle, et le monde petit. Pierre-Louis a eu le beau-frère de la maman comme professeur de français en Cinquième. Comme dit Pierre-Louis, le seul prof de français qui m’ai fait aimer cette matière.

Côtes d’agneau de Prés Salés au dîner, suivi de crêpes.
La nuit sera bienfaitrice et réparatrice.
Demain, visite du Mont Saint Michel puis direction Saint Benoit les ondes.
Merci de m’avoir lu.
Amicalement.
Anne-Laute

Été 2020. Normandie et Bretagne

Et voilà. Nous repartons. Enfin. Vraiment.

Comme à chaque fois, les préparatifs sont long et un peu compliqués. Quand à 6h du soir vous avez l’impression d’avoir plus qu’à fermer les sacoches et ce sera bon…. vous réalisez 8h plus tard – parce ceci quand même une pause dîner au milieu – qu’il est minuit et que ce n’est pas encore fini.

Bref à 2h Pascal et moi avons enfin pu aller nous coucher en ayant tout mis sur les vélos.

Nos vélos
Les vélos dés d’enfants dans le garage

Réveil à 5h15. Le premier train est à 7h16 à la Part-Dieu. Nous prenons le Lyon -Paris Bercy en Ter. Seul possibilité avec 6 vélos et 2 carioles.

Le réveil se passe en douceur et nous montons sur nos montures à 6h30 pour nous rendre à la gare.

Petit déjeuner dans le train avent une petite sieste.

La SNCF est fidèle à sa réputation. Le train est un vieux corail avec trois marches à monter et des petits espèces vélos répartis sur tout le train. Nous sommes obligés de scinder le groupe. Mais ça passe. Le train est plein de cyclistes. Peu iront jusqu’à Panam. Beaucoup de descente pour aller dans le beaujolais ou les vignobles à Dijon.

Dans le train, c’est lecture, sommeil et smart Phone.

On se repose et on profite un peu du paysage. Parfois Pierre-Louis fait office d’oreiller 😂.

Arrivés à Paris, il faut tout descendre, remonter nos attelages et direction Paris -Saint Lazare. Traversée de Paris en vélo avec Osiris qui cours à côté ou reste bien sage dans sa cariole. Première aventure pour nous. Mais tout se passe bien.

La grosse angoisse fit pour les billets de trains. Impossible de prendre deux billets pour Pascal et moi. À 12 min du départ, nous choisissons d’acheter des billets pour le suivants et on verra bien avec le contrôleur. Nous aurons de la chance, il est super sympa aussi.

Il est 5h, nous avons faim.
Sur le chemin, l’église de Bayeux donne des regrets de ne pas la voir de plus prêt.

Nous arrivons à 17h59 à la gare de Carentan. Nous avons 1 min pour tout descendre du train.

Nous avons fait il y a longtemps le choix du train à la place de la voiture et d’une grosse remorque. Mais quand même quelle galère à chaque fois. C’est toujours beaucoup de stress, d’efforts physique pour rentrer et sortir les vélos et nos sacoches. Après, c’est en accord avec nos valeurs et l’écologie. Mais bon, si seulement cela pouvait être plus simple. Il y a encore beaucoup de travail pour développer la mobilité douce.

Arrivée à Carentan, nous nous rendons au camping. Et c’est le premier montage de tentes. Solène calcule le timing. Bons ? Rouillés ? Mauvais ?

Voilà. Cette première journée est toujours celle du transit avant celles du plaisir à vélo.

Vivement demain ! Merci de m’avoir lu et à demain pour la suite de nos aventures.

Petit tour mais grande première.

Bonjour à tous.

Je sais que certains d’entre vous attendent ces articles.

Alors je me refuse à vous priver de ce petit plaisir. En tout cas cette année, il sera petit. Pas de grand voyage pour nous cette année malheureusement.

La vie est ainsi fait que parfois, il faut savoir se contenter de peu et y voir ce qu’il y a de grand dedans.

Or si vous avez bien regardé la photo de couverture, vous avez trouvez ce qui est grand dans notre petit tour de cette année.

Osiris. Nous partons pour la première fois avec notre chienne Border Collie Osiris.

Osiris est dans notre famille depuis la fin du mois d’octobre. Elle aura un an le 17/08.

Nous l’avons habituée à courir à côté de nos vélos. Elle s’arrête avant les passages piétons pour obtenir le droit de reverser. Elle cours sur le trottoir quand nous sommes sur la route. Reste au côté de mon vélo au besoin.

Sauf que tout cet apprentissage, c’est celui de la ville. À la limite de nos petits tours vers Méribel.

Aujourd’hui nous partons pour un vrai tour. Nous allons faire le tour du lac d’Annecy.

Il y aura du partage de route et de la piste cyclable. Il y aura des côtes et des descentes.

Nous avons enseigné à Osiris à monter dans une cariole. Ce fut facile quand elle était petite. Mais dès que la cariole a bougé… Osiris a eu peur.

Ces derniers jours, nous avons recommencer et Osiris à bien voulu rester…. un peu. Une fois qu’elle était fatiguée. Mais ça suffit à nous rassurer. Elle restera.

Donc ce matin, départ en train pour le tour du lac d’Annecy. Première fois que notre toutoune prend le train.

Premier fois que nous partons si peu chargés. Pascal n’a pas de cariole, nous n’allons jamais réussir à le suivre. On va lui imposer de faire 2 fois le tour du lac pendant que nous avançons tranquilles.

L’arrivée à Annecy est bien agréable. En fait tout le monde est impatient. De voir les paysages, de courir, de pédaler.

Nous partons en direction du lac. Osiris reste bien sur le trottoir pendant que nous sommes sur la route.

Arrivée devant le lac, c’est l’euphorie. Courir, se lâcher.

Très vite nous surplombons le lac. Nous faisons le tour dans le sens des aiguilles d’une montre. Plus facile pour les montées. Plus difficiles pour les début d’Osiris. Il y aura du partage de route.

La chienne m’impressionne. Elle reste à mon vélo, obéit super bien. Quand nous sommes en partage de route, je la garde juste à côté de ma roue. Le nez ne dépasse pas ma roue, elle est sur le bas côté.

Dès qu’elle peut courir, elle en profite. Elle est super heureuse. Les enfants sont ravis de l’avoir avec eux. C’est la grande aventure de cette année. Pas de voyage, pas de longue distance mais leur chienne avec eux.

Picnic à Menthon. Baignade pour les enfants.

Osiris râle après les vagues qui vont et viennent. Elle jape et tente de les attraper.

Nous repartons jusqu’au camping. Osiris est bien fatiguée mais elle à bien couru et bien obéi. Demain répit sur Annecy et sur Lyon.

Ce petit tout nous aura détendu les jambes et le cœur.

Vivement l’année prochaine.

Anne-Laure

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